« Political Animals » : Bill, Barack et les autres

13 Sep

@theworldofhillaryclinton.com

À l’heure où Barack Obama, au coude à coude dans les sondages avec un « businessman », bat la campagne pour sa réélection, je réalise pourquoi ma série coup de cœur de l’été, Political Animals, a fait un flop outre-Atlantique.

Sigourney Weaver – presque désaliénée – y incarne une First Lady des années 90 devenue secrétaire d’État américain (Démocrate) qui entend briguer à son tour la présidence des États-Unis. Toute ressemblance avec des faits réels ou historiques est tout sauf fortuite. Enfant naturel de À la Maison Blanche (The West Wing) et de Dirty Sexy Money, la série avait tout pour faire un carton. Que nenni. Autopsie d’une mort prématurée.

@themamafesto.wordpress.com

@bigbangseries.blogspot.com

Le pitch
Quelques années après avoir balourdé son coureur de mari, Elaine Barrish (Sigourney Weaver) est désormais gouverneur de l’Illinois, secrétaire d’État, et dans les starting-blocks pour la prochaine investiture démocrate. Son ex-mari Bud (Ciarán Hinds), célèbre pour son charisme et ses liaisons extra-conjugales, phagocyte tant ses ambitions présidentielles que son aura médiatique. Ses jumeaux Doug (son chef de cab, auteur de bourdes éléphantesques) et TJ (toxicomane suicidaire qui aime les night-clubs et préfère les garçons) lui donnent du fil à retordre. Sa mère Margaret (la géniale Ellen Burstyn), genre de Tatie Danielle remastérisée, ne perd pas une occasion pour lui casser les pieds. Bref, une famille normale, comme on en voit… parfois.

@usanetwork.com

Évidemment, on pense à Bill et Hillary, mais pas que. On pense aussi aux Kennedy, aux Roosevelt, aux « gate » (du Water au Monica). À ces familles qui, à chaque nouvelle décennie, tentent d’envoyer un nouveau spécimen de leur clan squatter la Maison-Blanche (attention spoiler : les analystes politiques misent sur Jeb Bush en 2020). C’est fait exprès : de l’aveu même du créateur de la série, Greg Berlanti (Dawson, Brothers and Sisters), Political Animals ne se borne pas à singer les Clinton : la série regorge de clins d’œil puisés dans l’histoire contemporaine américaine, dissèque goulûment ses animaux politiques et s’inspire librement de ses épisodes les plus croustillants.

@cristyli.com

« It’s the economy, stupid »*

Diffusée du 15 juillet au 19 août 2012 sur USA Network, en pleine effervescence de la campagne présidentielle, cette mini-série prometteuse a fait un bide total. Certains diront qu’elle n’aura pas survécu face au phénomène Breaking Bad, dont la saison 5 diffusée au même moment le dimanche soir a battu des records d’audience. Mais c’est un peu moche de tout mettre sur le compte de la concurrence. Une autre explication serait de constater qu’elle dépeint une Amérique aux antipodes des préoccupations électorales de la société actuelle.

Political Animals met en scène la politique américaine telle que j’en boufferais tous les jours : on y parle intrigues géopolitiques, manœuvres diplomatiques, menaces nucléaires chinoises au large des côtes californiennes, liaisons dangereuses entre médias et politiques, petits jeux de pouvoirs qui agitent DC… Pas un mot sur l’économie. Rien.
Soit une bouffée d’air en cette période de haute tension électorale où, quatre ans après l’Obamamania et ses gentilles séances de coaching public (#hope #change #yeswecan), on ne parle désormais plus que de balance commerciale déficitaire, de taux d’intérêts européens et de chômage à 8 %. Bref, que des trucs chiants, sérieux.

@TheFreemanOnline.com

Un rendez-vous raté ?
Est-ce la raison de la faible audience de Political Animals ? Cette série projette-t-elle une image de la Maison-Blanche trop éloignée des réalités économiques qui méritent, selon la tendance de l’opinion actuelle, une place prioritaire dans le débat public ? Possible. Mais dommage.
Les sujets qui obsèdent actuellement l’électorat américain, comme la fiscalité et la création d’emploi, sont difficiles à rendre sexy à l’écran – les relations internationales et les questions de société passent mieux.
C’est pas Barack Obama, en pleine galère avec son bilan économique, qui dira le contraire. Espérons que lui saura trouver son audience avant le 6 novembre. Et rebondir, en bon animal politique.

Spécimen d’animal politique (origine : France). Belle bête.
@paperblog.fr

*Citation de James Carville, ancien conseiller de Bill Clinton, qui résume bien l’enjeu de la présidentielle 2012.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :