Tag Archives: Maternité

Maternité : l’enfer c’est les autres

3 Oct

"Rosemary's Baby" de Roman Polanski.

Enfin, les magazines, de Elle à Psychologie Magazine, et le cinéma, avec Un heureux événement de Rémi Bezançon (sorti mercredi dernier), désacralisent la maternité béate. Il était temps, car après des siècles de culte en papier mâché, la mère le clame haut et fort : non, elle n’est pas une icône drapée dans une aura de pureté. Non, elle n’est pas qu’amour. Elle est aussi stress, frustration, fatigue et rage. Et parfois le conte de fées idyllique se transforme en film d’horreur qui a un nom : la dépression post-partum. La faute à qui ? En partie aux autres !

La grossesse

Le malentendu entre eux et vous commence ici même. Vous annoncez que ça y est, votre corps abrite la vie ! Vous êtes bouleversée, vous ne savez plus trop où vous en êtes… Vous comptez sur le soutien de vos proches, de la société, qui bénissent la mère comme une Sainte Vierge ? Attention à la désillusion. Voici quelques réactions auxquelles vous pouvez d’ores et déjà vous attendre :

  • Votre famille n’en peut plus d’extase : « Je vais enfin être grand-mère ! » (Il n’est déjà plus question de vous, et en prime, vous prenez un coup de vieux.) Quand vous n’êtes pas déjà entourée de 12 neveux et nièces, tous à l’école primaire : « On se demandait quand vous alliez enfin vous décider à devenir adultes. »
  • Vos amies déjà mères vous font adhérer à leur club « Jamais sans mon enfant » (sans vous demander votre avis) : soirées (à 18 heures, faut pas coucher les gosses trop tard) entre filles (et morpions) avec moult détails gore sur leurs expériences et sur l’accouchement de « l’amie d’une amie » que vous ne souhaitez surtout pas connaître.
  • Celles sans attaches vous abreuvent de « C’est génial, ma chérie, mais alors tu ne vas pas pouvoir venir faire la fête à Bali l’été prochain. » Ce n’est pas du désintérêt (elles ont besoin de savoir pour refiler votre part du budget à une autre fille fraîche et libre comme l’air et comme elles), c’est juste un gros manque de tact. Lire la suite
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Claudia Schiffer enceinte et nue en couverture de Vogue : on nous refait le coup

17 Mai

© Deutsch Vogue by Karl Lagerfeld

Les Angelina, Demi, Halle, Monica, Courteney, et caetera, se sont mis en tête de nous foutre les boules. Ces dames ont décidé de faire tout comme nous, mais en mieux : avoir un job passionnant, se taper les plus beaux mecs du monde, fonder une famille modèle et rester radieuse à 40 balais malgré leur énième grossesse. Enquête sur un phénomène rampant.

© Vanity Fair - By Annie Leibovitz

La goutte d’eau qui a fait déborder le pastaga : Claudia Schiffer, 39 ans (qui a d’ailleurs accouché vendredi de son troisième enfant, une petite fille), fait la couverture du Vogue allemand enceinte jusqu’aux dents (de porcelaine) et nue, dans une position quasi identique à celle de Demi Moore en couv’ de Vanity Fair en 1991. Mais quand c’est Karl Lagerfeld qui est derrière l’objectif, on ne crie pas au plagiat mais au génie, hein ! Annie Leibovtiz appréciera. Bref, force est de constater que les people s’ennuient trop. Ils ont donc décidé de venir marcher sur les plates-bandes du tiers-état, nous, le commun des mortels.

Comme si les nanas lambdas n’avaient pas assez de complexes ! Et là je dis STOP. Si je ne peux pas être Claudia Schiffer, alors il est peu probable que Claudia Schiffer puisse être MOI. Lire la suite

Allo patron, maman travaille

22 Mar

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de mettre le doigt sur une une thématique chère à mon cœur. Voici donc mon coup de gueule contre la mise au ban des travailleuses enceintes. (Arlette, sors de ce corps !)

La femme est l’égale de l’homme. Ah ouais ?

Comme beaucoup, je ne me considère pas comme une féministe « à l’ancienne ». C’est sans doute parce que l’homme qui dominait librement ma grand-mère et ma mère (avec un peu plus de difficulté, hé hé) a cessé de me dominer, moi.

Car grâce à maman, qui était ado dans les années 70, j’ai su que j’avais le droit de coucher avec qui je voulais (capote dans une poche et pilule dans l’autre) et grâce à papa, j’ai tout de suite compris que j’étais l’égale de l’homme dans mes droits et dans mon cerveau.

Mais voilà, aujourd’hui, j’implose. Parce que papa m’a menti. Parce qu’il n’est pas formidable d’être une femme en 2010. Oh que non. OK, nous sommes libres de mener notre vie comme bon nous semble et de porter des jupes ras-la-coquillette. Soit ! C’est bien, mais concrètement je n’en ai rien à talquer.

Les utérus, au placard !

J’ai 28 ans. Pour n’importe quel employeur je suis SUSPECTE. Suspecte d’un délit que je n’ai pas encore commis : TOMBER ENCEINTE. Je suis pour cela passible du désamour de mon N+1, N+2, N+3 et N+4 ainsi que de l’ultime humiliation professionnelle : la mise au placard.

Un pote commercial me lâche, il y a deux semaines : « J’ai trois collègues en congé maternité, du coup c’est la merde au boulot, ça fait vraiment chier ». Mais qui donc fait chier ? La jeune commerciale qui a refusé de se faire ligaturer les trompes ou le patron qui n’a pas correctement remplacé son employée partie en congé maternité ? Lire la suite

Yahoo n’aime pas les mères qui travaillent ?

23 Fév

Copyright : Edvard Munch "Le cri". Depuis vendredi dernier, la Pinacothèque de Paris consacre une exposition au peintre norvégien.

Lorsque j’ai écrit mon article sur les diktats de la maternité et sur Elisabeth Badinter (ici), mon propos était bel et bien de défendre le libre choix : une mère a le droit d’élever son enfant en suivant une certaine « bio-éthique » ou non, le droit de reprendre son travail rapidement ou non… Je ne voulais pas revenir sur ce sujet, notre mag n’a pas vocation à s’adresser uniquement à la jeune mère de famille. Pourtant en découvrant hier soir la page d’accueil du portail Yahoo!, le sujet, qui concerne finalement toutes les femmes, semble être plus que jamais d’actualité.

Que dire en découvrant cette news titrée « Un congé maternité de 7 heures », avec la photo (image d’illustration, bien sûr, étant donné le professionnalisme du portail) d’une femme (à la tête coupée, ouh la vilaine coupable !) tenant « le bébé dans les bras » (légende de la photo) emmitouflé dans des langes blancs ? (Je ne sais pas pourquoi mais cette façon de présenter les choses évoque en moi un Mickael Jackson exhibant son enfant au-dessus du vide.) Lire la suite

Sus aux diktats de la maternité !

19 Fév

Lorsque j’ai parlé de faire un article sur Elisabeth Badinter, les filles ont sursauté : « Oh, je la déteste, celle-là ! – Attends, son discours sur l’allaitement est super réac ! »

Pour moi, jeune mère de famille de 32 ans et femme active amoureuse de son métier, sa voix a été comme l’écho retentissant de ma détresse passée. Après avoir accouché, j’ai compris que j’étais plus féministe que je ne le pensais. La raison ? En devenant mère, je suis devenue prisonnière.

Prisonnière d’une société d’hommes. Tu meurs d’envie de retourner travailler alors que ton enfant n’a pas 6 mois : honte à toi ! Tu veux retrouver ton poste tel quel au retour de ton congé maternité : mais tu t’es crue où ? Ton conjoint t’aide aux tâches ménagères : estime-toi chanceuse ! Il ne le fait pas : débrouille-toi, après tout lui travaille toute la journée, et c’est toi la mère !

Surtout prisonnière des autres femmes et mères. Mes matons étaient en fait des matrones. Car dès que j’ai été enceinte, j’ai été encerclée par des femmes de toutes sortes : infirmières, sages-femmes, ma gynécologue, ma pédiatre… Lire la suite