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Flashforward : autopsie d’une série morte-née

20 Juil

Flashforward devait être le nouveau carton cathodique de l’année. C’est dans cette série que la chaîne ABC mettait tous ses espoirs après avoir enterré Lost, son chef-d’œuvre, au terme de six saisons aussi apocalyptiques qu’orgasmiques. Nous voici donc à nouveau avec une fiction chorale sur les bras, des personnages à gogo, des phénomènes scientifico-paranormaux inexpliqués et un gentil héros fragile. Oui mais voilà, ce coup-ci, la mayonnaise n’a pas pris et ABC a dû déprogrammer Flashforward au terme d’une et unique saison, faute d’audience. On se demande encore comment le dernier-né de ABC a pu arriver à un tel niveau de nullité en si peu de temps, quand d’autres séries (comme Heroes) ont la politesse d’attendre la troisième saison pour partir en vrille. Analyse médico-légale d’un fiasco télévisuel programmé.

Un mystère avorté

Oui, nous avions tous exulté devant le sublime scénario à tiroirs de Lost. Et malgré certaines incohérences, la série est parvenue à nous tenir en haleine pendant six ans ! Sa petite sœur ratée avait elle aussi tout pour réussir. Le pitch de Flashforward : les êtres humains du monde entier font un blackout de 2,17 minutes, durant lequel ils voient un futur censé se produire exactement six mois plus tard. Lire la suite

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Du côté de chez Miyazaki

8 Avr

Quand j’ai vu ce que me réservait le programme télé (mais dis donc, elle est pas un peu accro au petit écran, cette intégriste culturelle, bizarre…), un « oooh » trop aigu m’a échappé. Un cycle Miyazaki. Sur Arte. (Non, je n’ai pas d’actions chez la chaîne.) Pour moi, c’est un événement digne d’une foire au chocolat ou d’une journée prix sacrifiés chez Isabel Marant. Une folie pure, surtout en prime time et sur deux semaines et demie, à tel point que j’en suis déjà à noter dans mon agenda les différentes étapes vers mon nirvana et à vérifier que je n’ai rien prévu (ou alors à carrément annuler ce qui était prévu) ces soirs-là : « Sérieux, elle me saoule avec ses trente ans, elle pouvait pas faire ça un autre soir que le Château ambulant ! » J’ai soudainement de grosses envies de nature, d’enfance, de contes et de créatures célestes. Reportage en direct de ma salle de bains : telle que je suis actuellement devant mon miroir, le sourire béat et le regard plein d’étoiles, je ressemble comme deux gouttes d’eau à mon fils devant un épisode de Oui-Oui. (Promis, je ne me moquerai plus de son air ahuri.)

Jusqu’au 22 avril, Arte va donc régaler petits et grands avec une rétrospective qui a commencé lundi par Le voyage de Chihiro. Lire la suite

Les séries US à voir : l’Intégriste contre-attaque

24 Mar

Glee - © Fox

En matière de séries, comme en toute chose, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Non pas que je ne sois pas d’accord avec les choix affichés par ma collègue l’Executive pétasse la semaine dernière (au contraire, elle est même coupable de mon addiction toute fraîche à True Blood : deux saisons en 6 jours… hé, j’ai une vie, moi !), mais en fan compulsive j’ai décidé d’apporter également ma pierre à l’édifice. Je pourrais affirmer que je n’ai pas de télé ou avouer que j’en ai une mais que je regarde exclusivement Arte. J’admets que j’aimerais être capable de m’en passer, mais un bel écran plat trône dans mon salon comme dans la majorité des foyers français. Et je vais même aller plus loin dans l’inavouable : je suis totalement accro aux séries. Mais j’ai mes raisons d’Intégriste culturelle :  d’abord l’art est partout (argument philosophique) ; les séries n’ont fait que reprendre le principe du feuilleton, genre littéraire très prisé dès le dix-neuvième siècle et pratiqué par des Balzac, Chateaubriand, Dumas ou Zola (argument littéraire) ; et je fais ce que je veux (argument philosophico-politique) !

Le problème est d’arriver à faire le tri parmi la multitude de feuilletons produits aux USA tous les ans, car regarder des séries oui, mais pas n’importe quoi (mention obligatoire d’une bonne Intégriste culturelle : l’abus de télé nuit à la santé et il y a plein d’expos et films super à aller voir, entre autres). Mad Men : check ! True Blood : check ! Breaking Bad : check ! Mais alors que faire quand on a déjà avalé toutes les saisons de ces trois séries en une semaine ? Pas de panique : vos soirées canapé ont encore de beaux jours devant elles. Lire la suite

Que faire sans Zorro ?

16 Mar

Ed Friendly Productions, NBC

Faisant appel à mes qualités de parapsychologue, je propose une analyse psychologique en ligne pour répondre aux interrogations de mes lecteurs. Isabella (son nom a été volontairement changé pour conserver son anonymat), vient de m’envoyer une lettre préoccupante : petite, elle n’avait pas le droit de regarder la série Zorro à la télévision, et s’inquiète d’éventuelles répercussions psychologiques de cette censure sur sa vie d’adulte.

Chère Isabella,

Vous m’écrivez, dans votre longue lettre, que vous aviez l’interdiction de regarder les fameuses aventures de Don Diego de la Vega parce que, selon votre mère, elles étaient « trop violentes. » Vous avez dû vous résoudre, vous dites, à vous contenter de prendre votre goûter devant les tribulations champêtres de La petite maison dans la prairie, la seule série qui vous était alors autorisée.

Pour commencer, j’aurais envie de vous dire que mieux vaut trop de censure que pas assez : j’ai moi-même regardé Elephant Man en cachette à l’âge de cinq ans, et cela explique nombre de mes traumatismes actuels.

Mais parlons plutôt de vous : quelles traces de cette injonction parentale restent aujourd’hui ? En grandissant, vous avez dû avoir le choix entre trois postures.

Première hypothèse : vous êtes atteinte du syndrome Marie Ingalls, ou syndrome de Stockholm, c’est-à-dire que vous avez suivi votre bonhomme de chemin en faisant plaisir à maman : enfant prodige, vous pouviez, même aveugle, jouer du violon pour épater durant les réunions familiales, tout en débarrassant la table et en ramenant de bonnes notes à l’école. Aujourd’hui, vous adorez Un gars, une fille et Plus belle la vie. Lire la suite

Les séries US à voir absolument

15 Mar

© True Blood

Si vous continuez à suivre Gossip Girl, Desperate Housewives ou Lost, c’est bien, mais il faut désormais penser à monter en gamme (surtout pour cette dernière qui diffuse son ultime saison aux États-Unis). Il est plus que temps en effet de vous initier à des séries plus intimistes (et parfois confidentielles), qui prennent le contre-pied, au moins en apparence, des grosses machines de guerre des méga-studios ne sachant plus quoi faire subir à leurs personnages au terme de deux saisons.

À la question « Chéri(e), on fait quoi ce soir ? », vous pouvez maintenant répondre : « Bah, on commence la saison 1 de Mad Men, non ? » Alors, tous à vos plateformes de streaming et autres logiciels peer to peer, car quand on a deux ou trois excellentes saisons à mater pour finir l’hiver, c’est encore meilleur !

Voici trois propositions, à mes yeux, incontournables !

Mad Men

Le pitch : Dans le New York du début des années 60, l’agence publicitaire Sterling Cooper cartonne. Don Draper (ndlr : interprété par le beau gosse Jon Hamm) en est un des dirigeants, mais c’est aussi un usurpateur d’identité au passé mystérieux. Son instinct et son charisme séduisent autant les femmes qui l’entourent que les entreprises qu’il courtise.

Intérêt : Outre le charme indéniable du personnage principal, cette série a une véritable ambition sociologique. Le téléspectateur devient témoin historique des balbutiements du marketing grâce à des personnages qui collent au plus près à leur époque (chacun fume 700 clopes par épisode, et leurs toilettes – vintage, of course – sont ma-gni-fiques !).

C’est pour qui ? Ceux qui apprécient les drames psychologiques un peu lents, genre Six Feet Under, et les productions à haute valeur ajoutée visuelle et sonore : Mad Men vient de rafler le troisième Golden Globe consécutif dans sa catégorie, et le superbe générique (repris pour le spot publicitaire d’Eau Sauvage avec Alain Delon) est signé RJD2. Que du lourd. Lire la suite