Aux armes, éco-citoyens !

9 Mai

Cette année, c’est décidé, vous allez fleurir vos rebords de fenêtre, faire prospérer plants de tomates et semis d’herbes aromatiques… Votre façon à vous de ramener un peu de verdure dans ce monde de bitume, de rejoindre vous aussi les rangs des green warriors. Si vous rêvez d’une nature prospère qui reprend ses droits, différentes armes sont à votre disposition. Revue de détail.

Les citadins ont décidé de se réapproprier la ville : graff, puis space invaders ou tricot sauvage… Le mobilier urbain est désormais le support de toutes les revendications et le théâtre d’une véritable guerilla. Ce combat c’est celui d’une ville à dimension humaine, envahie par toutes les formes d’art et de communication, et où il fait bon partager et vivre à l’ombre d’arbres majestueux et dans les effluves des buissons de fleurs. On connaissait les jardins partagés, les murs végétaux, les trocs verts, etc. Ça, c’est la version pacifiste… et légale. Alors que la Cité de l’architecture et du patrimoine propose aux rêveurs une exposition sur « La ville fertile » – où architectes, paysagistes et projets d’aménagements urbains posent la question de la place du végétal au milieu du béton -, l’envie de chlorophylle s’est muée en nécessité, en droit. Aux USA, on appelle ça la « guerilla gardening » : des groupes de green warriors s’emparent, la nuit venue, de tous les bouts de terre abandonnés pour y faire fleurir des jardins clandestins. Du pur vandalisme puisque ce genre d’action demande normalement une autorisation. Mais face à l’urbanisation croissante (et parfois tout aussi sauvage) et face aux pollueurs du quotidien qui salissent les rues avec leurs déchets sans l’ombre d’un remord, il fallait un mouvement d’opposition. Et cette réappropriation de la terre ne date pas d’hier : que soit pour se nourrir, pour favoriser la biodiversité, par souci écologique ou par humanisme naturel, du Mexique au Brésil en passant par la France ou les États-Unis, la nature est de toutes les batailles.

Pour devenir un véritable guerillero du green, il existe également en France une association de guerilla gardening qui aiguillera sur la façon d’entrer en guerre. D’abord une bonne dose d’écolo-conviction. Ensuite une vraie volonté d’action. Et enfin des munitions à n’en plus finir. L’arme la plus ludique et populaire : les seeds bombs. Soit des grenades (en terre cuite ou en cellulose rigide) contenant une armada de graines variées et vivaces qui vont aller conquérir toutes les surfaces laissées en friche. Vous en trouverez en vente sur les sites anglais Suck UK et Kabloom. A l’occasion de la Journée internationale de la guerilla gardening du tournesol, qui a eu lieu en Angleterre la semaine dernière, le 1er mai, Rue89 vous donnait même la recette maison pour réaliser vos propres bombes : trois mesures d’argile rouge, deux de compost et une de graines adaptées à votre région.

Anna Garforth.

Mais il faut également savoir que certains végétaux se plaisent sur les murs et défient le béton. A tel point qu’après l’observatoire des oiseaux, celui des jardins, celui des papillons ou celui des bourdons, le Muséum d’histoire naturelle et le réseau Tela Botanica ont lancé, dans le cadre du programme Vigie Nature, le 28 avril dernier, l’observatoire « Sauvages de ma rue ». L’initiative invite ainsi tous les citadins à recenser les plantes sauvages urbaines et à participer ainsi à la connaissance et la survie de cette nature dans la ville. Et c’est ce que font plusieurs artistes activistes (dont vous pouvez également faire partie). Comme l’étudiante de l’école d’art Maryze Eloy (Paris 11), Charlotte Cazeaux, qui se plaît à dessiner des herbes dites « mauvaises » sur les murs, jusqu’à en planter partout où elle peut dans la Capitale, afin de réhabiliter cette plante mal aimée, participant pourtant à la biodiversité. Ou comme mon héroïne : l’Anglaise Anna Garforth. Cette « urban eco-artist », diplômée en graphic design du Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, investit la ville avec son travail expérimental à partir d’éléments naturels, notamment avec ses « moss graffitis ». Un peu de colle 100 % bio (à base de yaourt, de bière et de sucre), des plaques de mousse dénichées dans les cimetières ou sur les murs, et il n’en faut pas plus pour redonner une âme au bitume.

Dépeint par l’intégriste culturelle

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Une Réponse to “Aux armes, éco-citoyens !”

  1. ceriat 9 mai 2011 à 21:17 #

    Une initiative porteuse d’espoir.
    Malheureusement, dans ma ville, ainsi que dans beaucoup d’autres, le désherbant est largement aspergé sur toutes les surfaces accessible au jet assassin.

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