Tout comme Wonder Woman

10 Mai

Lynda Carter, divine dans la série télévisée.

71 ans, et pas une ride. Wonder Woman est partout. La super-héroïne est l’égérie de la collection printemps 2011 de M.A.C (le maquilleur, pas l’ordinateur), et la chaîne de télé américaine NBC veut préparer une nouvelle série revisitée par David Kelley (Ally McBeal) pour la rentrée.

Petite, j’étais très fan de Diana Prince. Son come-back fait ma plus grande joie. Alors j’ai un peu creusé le sujet.

D’où vient WW ? Allez, un quizz :

A : de l’imagination débordante de l’inventeur du détecteur de mensonge
B : de Paradise Island
C : de la mythologie grecque

Réponse : A, B et C !

Wonder Woman a bien été créée par l’inventeur du détecteur de mensonge. Si.

Conseiller pour le légendaire éditeur DC Comics (Batman, Superman) dans les années quarante, William Moulton Marston s’étonne de l’absence de super-héros féminin.

Ses recherches pour le test de pression sanguine systolique (ou comment le pouls trahit le mensonge) l’ayant convaincu que les femmes sont plus honnêtes et plus fiables que les hommes, il imagine un personnage inédit, femme d’affaires le jour et justicière la nuit. Il était bien, ce William. Visionnaire.

Replaçons les choses dans leur contexte : en décembre 1941, soit 25 ans avant le Women’s Lib, c’est pas gagné pour la condition féminine. Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale, Churchill et Roosevelt réfléchissent à une stratégie pour calmer Hitler, petit dictateur égotripé qui a mis le monde à feu et à sang.

Comme par hasard, pile à ce moment-là, Marston imagine une justicière franche et honnête, résistante à la manipulation mentale, armée d’un lasso plus efficace qu’un élixir de vérité. Féministe avant l’heure, l’inventeur puise son inspiration dans les légendes olympiennes, notamment le mythe grec des amazones : une tribu de femelles indépendantes dotées d’une sacrée niak, vivant en autarcie sur l’île de Themyscira (rebaptisée Paradise Island dans l’univers DC, c’est plus glam). Leur credo ? Les hommes passant leur temps à faire la guerre, entre eux ou contre elles, autant s’en passer. Et apprendre à chasser et à se défendre toutes seules.

Ainsi Wonder Woman voit-elle le jour dans un environnement phallocrate ou le crime fait rage, pour incarner un idéal féminin épris de justice et de vérité. La femme, seul individu capable de faire rempart à la folie des hommes ? Bon. On est en droit de se demander si la présence d’Éléonore Roosevelt (autre féministe avant l’heure) à la Maison Blanche n’a pas un peu joué, aussi.

Faire rimer Comics et cosmétiques

Comment traduire en langage marketing ce mythe de la working girl aux pouvoirs inégalables ?

Cas pratique avec M.A.C, sa gamme de maquillage acidulée et ses boutiques revampées, habillées de bulles « POW » à la Roy Lichtenstein (voir ci-dessous celle près de Carnaby Street à Londres).

Punchy, plein d’énergie, ça donne envie. Cas marketing, donc :

La cible : de la célibatante à la serial mother, les femmes de 7 à 77 ans ayant besoin d’un petit coup de pinceau.

La promesse : toi aussi, tu ES Wonder Woman. Enfin, tu peux. Tout gérer avec brio, mener de front une carrière, une vie perso, éventuellement un couple (avec enfants si affinités) moyennant deux-trois coups de fouet bien claqués.

Le moyen : sois belle, efficace et parfaitement intraitable. Mets-y un brin d’humour. Et surtout, n’hésite pas à taper dans cette jolie gamme de produits poudrés, ça aide.

Le résultat : heu, en général, je me maquille à la Mimi Craca, donc j’évite les cosmétos… mais j’ai quand même envie de me chopper un petit bâton de rouge, à défaut d’un lasso magique, histoire d’avoir un mojo. Y a pas de raison. Et puis c’est décidé, à la prochaine soirée déguisée, je me mets au Cosplay et j’enfile le costume de Lynda Carter.

Le coup du super-héros, c’est LA solution magique pour se remonter le moral. Il doit y avoir un effet doudou (ou effet madeleine de Proust pour les khâgneux) à revoir ses compagnons d’enfance ressurgir dans notre monde d’adulte. Mais oui, les super-héros existent. Ils sont parmi nous. La preuve, j’ai croisé Batman à Bangkok, l’été dernier.

Batman, le vrai.

Promulgué par l’Altesse mondialiste

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2 Réponses to “Tout comme Wonder Woman”

  1. ceriat 10 mai 2011 à 12:41 #

    Et le lasso, il l’offre en prime ?

Trackbacks/Pingbacks

  1. Les super-héros peuvent doper votre vie sexuelle « Arsenic et Petites Culottes - 27 mai 2011

    […] lien est possible. D’abord parce que vous avez eu, vous aussi, des héroïnes, dont la sexy Wonder Woman. Mais surtout parce qu’avouons-le, le super-héros a un fort pouvoir érotique qui ne peut […]

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