Tag Archives: Mary-Kate Olsen

Karl Lagerlfeld virerait-il vieux beau(f) ?

26 Oct

Cela fait quelques temps qu’une question épineuse, quoique essentielle, me taraude. En effet, d’après la logique selon laquelle toutes les bonnes choses ont une fin, Karl Lagerlfeld – grand manitou ès fashion devant l’éternel féminin – ne serait-il pas en passe de venir un poil has been ? Je m’explique.

Karl Otto Lagerfeldt n’a rien inventé

Je vous vois déjà en train de me sauter au cou : « Pour être à la tête de la direction artistique de Chanel, il vaut mieux respecter l’héritage de Coco plutôt que de révolutionner la mode. » Et vous aurez raison. Enfin, partiellement. Car en regardant les faits de plus près, Lagerfeld, certes, est un remarquable exécutant – il n’a que 19 ans lorsqu’il remporte le premier prix ex æquo avec Yves Saint-Laurent du Syndicat national de la laine – et un communicant hors pair, mais pèche dans le domaine de la création pure. Si Coco Chanel invente le sportswear, Saint-Laurent la saharienne et Diane Von Furstenberg la robe portefeuille, on se demande aujourd’hui quelle véritable pierre notre papi germanique a apportée à l’édifice du style…

Karlito ne serait qu’un « faiseur de tendances » ?

Ah ça, il est fort, l’ami teuton, pour nous imposer le minisac ou pour démocratiser le « sexy intellectuel » (???) avec la marque qui porte son nom. Karl photographie, dévore des livres par milliers, perd l’équivalent de la moitié de son poids en un battement d’éventail, crache sur tout le monde, fait des pubs pour la sécurité routière, relooke des packagings de produits destinés à la grande consommation et réalise des playlists pour iPod. Bref, quand Karl se présente comme un hyperactif stakhanoviste, nous on finit par penser qu’il aime surtout brasser DU VENT. Lire la suite

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T’as le look… clodo !

18 Juin

Eva Herzigova dans le Vogue Italie de juin 2010 © Steven Meisel

Popularisé chez les A-list girls par la très grungeo-cracra Mary-Kate Olsen, la « dégaine caniveau » fait des émules. Shocking ? Pas pour le Vogue italien, qui après avoir mis en couverture de son numéro de septembre 2009 une Cosette et un Gavroche tout pouilleux, habillés de loques griffées et couverts de boue, nous sert ce mois-ci un nouveau shooting au goût douteux. On y a d’ailleurs reconnu la vilaine Eva Herzigova, toute de guenilles vêtue. Décidément, quand on se souvient de son apparition fantomatique dans le Elle d’il y a deux semaines, on se dit qu’Eva aurait mieux fait de rester dans son lit ses derniers temps.

Shooting mode dans Vogue Italie de juin 2010 © Steven Meisel

Les rédactrices mode s’ennuient-elles à ce point ? Après avoir photographié des pièces de haute joaillerie accompagnées d’insectes effrayants, des mannequins morbides portant de la viande crue en guise de vêtements, après avoir singé le sous-prolétariat dans son habitat naturel, la planète mode en mal d’inspiration s’empare du dernier chic : l’esthétique du sans-abris.

Le photographe Steven Meisel, sans doute blasé par ses séances photos organisées dans des châteaux Renaissance, a lui aussi décidé de surfer sur cette vague d’eau croupie en mettant en scène des mannequins en habits de fortune (mais tout de même vendus très très cher), le tout dans un décor qui n’est pas sans rappeler les campements de SDF du bois de Vincennes. Lire la suite