Typologie des voisins

16 Mar

C’est un parasite coriace, il vous pourrit la vie, et pourtant, vous n’avez pas le choix : vous devez vivre avec lui. Frères et sœurs, père, mère, beau-père, belle-mère, collègues, boss, guichetier de la Poste, pervenche sadique… Non, je veux parler de vos voisins. Petite typologie pour vous aider à mieux les reconnaître quand ils vous envahissent et ainsi utiliser l’insecticide le mieux adapté.

Le dictateur

C’est sûrement la première catégorie de voisin à laquelle vous aurez affaire. Vous avez longtemps cru que l’immeuble lui appartenait. À peine aviez-vous emménagé qu’il vous expliquait les règles en vigueur dans le bâtiment. Il passera vous voir pour vous demander de baisser le son de votre télévision, de ranger votre poussette au fond à droite dans le local, de bâillonner vos enfants… Bref, il se plaira à régenter toute votre vie, toujours avec un « s’il vous plaît » agrémenté d’un sourire car il a oublié d’être idiot. Vous apprendrez très vite que vous n’êtes pas le premier à qui il fait le coup. Un conseil : armez-vous de courage… et arrêtez de lui ouvrir la porte quand il vient sonner.

Le « J’ai rien de mieux à foutre »

Il est souvent à la retraite, vieille fille/vieux garçon, mère au foyer, concierge… Son activité favorite : tenir la jambe à tous ceux qui lui passent sous la main. Vous avez beau tendre l’oreille avant de sortir de chez vous, varier vos horaires de départ et de retour, sortir vos poubelles à des heures improbables, lui tendre des pièges (du type ne pas allumer la minuterie de la cage d’escaliers et vous déplacer dans le noir), il arrive toujours à vous intercepter au moment le plus inopportun. Et, oui, il a bien suivi votre regard vers votre montre, il sait que vous êtes pressée, mais il s’en fiche royalement car, à l’échelle d’une vie, qu’est-ce que 45 minutes de laïus sur son infiltration que la copropriété n’a toujours pas réglée ? Un conseil : branchez-le avec la voisine du deuxième qui, elle aussi, adore bavasser pendant des heures.

L’anonyme

Il est un peu une sous-catégorie du « J’ai rien de mieux à foutre ». Mais lui ne vous attaque jamais frontalement. Sa spécialité : inonder le hall de l’immeuble de messages jamais assumés avec une signature type « Un voisin qui en a marre » ou « Un voisin qui va bientôt appeler la police ». Il pense que, depuis tout ce temps, il a réussi à garder son identité cachée et gratifie tout le monde d’un sourire jusqu’aux oreilles dans la cage d’escaliers. Le naïf (qui se croit plus intelligent que les autres) ne sait pas que vous savez et que, d’ailleurs, tout le monde sait. Un conseil : profitez de ces petits mots qui ornent toutes les parties communes pour faire de jolis dessins. C’est bien connu : les enfants adorent écrire et dessiner sur les murs.

Le béni-oui-oui

Ce voisin est un peu la Mère Teresa du quartier. Il vous tient la porte quand vous arrivez à l’autre bout de la rue, vous aide à porter vos courses pendant que vous discutez avec la concierge, ne vous prête jamais sa voiture, non, c’est LUI qui vous conduit, récupère vos enfants à l’école en urgence, dispose d’un jeu de clés de tous les locataires et propriétaires qui lui font une confiance aveugle ou plutôt qui abusent de lui sans aucun scrupule… Bref, c’est la bonne pâte du coin, ou plus exactement l’idiot de la rue, qui se laisse sucer jusqu’à la moelle. Vous le reconnaîtrez dès que vous le verrez : c’est ce voisin au teint gris et aux cernes jusqu’au nombril, qui a l’air tellement « A-DO-RA-BLEU ». Un conseil : invitez-le parfois à l’apéro, parce qu’il le vaut bien… et il pourra peut-être vous rendre service à vous aussi par la suite.

La sangsue

On le reconnaît d’abord à une faculté : celle de connaître le prénom, le nom, l’âge et la profession de tous les habitants de l’immeuble. Et la capacité de le répéter à qui ne veut pas l’entendre. Ce voisin apparaît sous des dehors sympathiques, du type « ma porte est toujours ouverte », mais vous allez vite découvrir que c’est la vôtre de porte qui est toujours ouverte. Il est là tout le temps : il a besoin d’une carotte, d’une bière, d’une bouteille de vin, d’un chapon, de quelqu’un pour garder son môme, d’un hébergement « chez un voisin sympathique » (vous ne le saviez pas, mais c’est vous) pour sa cousine venue rendre visite une semaine… Bref, toutes les raisons sont bonnes pour squatter votre appartement et toute votre vie privée. Un conseil : ne lui donnez jamais votre numéro de téléphone, marchez sur la pointe des pieds et ne claquez jamais votre porte d’entrée. Avec un peu de chance, il pensera que vous n’êtes pas là.

Le mort

En parlant d’absence… Vous ne l’avez jamais vu, vous ne l’entendez jamais, c’est à peine si vous avez déjà ouï la sonnerie du téléphone résonnant dans le vide de son appartement. Pourtant, vous le savez : cet appartement est habité. Et parfois un soir de pleine lune, vous en êtes sûre : un meuble a bougé. Puis le silence à nouveau. Tous les habitants de l’immeuble ont chacun une hypothèse sur son identité, jusqu’à la légende urbaine. Une fois même, Monsieur P. a entendu quelqu’un frapper à la porte du mort, mais la porte ne s’est jamais ouverte. Un conseil : ne regardez jamais de film d’horreur seul chez vous et prenez tout de même les coordonnées d’un prêtre exorciste, au cas où…

Le sourd

Il est le pendant du mort. Vous lui conseilleriez bien d’aller consulter un ORL et de faire un test d’audition, mais vous savez parfaitement ce que ça donne quand cette personne s’énerve. C’est bien simple, ce voisin se croit seul dans l’immeuble et sait se faire entendre : hurlements après le petit dernier, cris pour saluer un but de l’équipe de France, coups de marteau et scie sauteuse le dimanche à 9 heures, cycle essorage à 2 heures du matin, karaoké sur le home cinéma tous les vendredi soir, râles bestiaux et gémissements aigus déchirant la nuit. Vous avez l’impression de vivre avec une personne en plus à la maison, même si elle n’est pas physiquement présente. Un conseil : profitez-en pour faire toutes les soirées que vous voulez, pour vous mettre à la batterie, pour faire 10 mouflets…

Bien sûr, il n’est pas exclu que certaines personnes se retrouvent à cheval sur deux ou trois catégories  (c’est d’ailleurs pour ça que vous cherchez à déménager). Finalement, plutôt que d’engager une guerre sans merci, pourquoi ne pas apprendre à les connaître ? Distribution gratuite de petits gâteaux homemade, organisation d’un pique-nique ouvert à tous… Car si vous reconnaissez vos voisins dans un de ces types, sachez que votre voisin aussi vous a reconnu.

Dépeint par l’intégriste culturelle

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2 Réponses to “Typologie des voisins”

  1. Emilie fb 16 mars 2012 à 16:13 #

    Excellent ! J’en ai de toute sortes ds mon immeuble, particulièrement des sourds (juste en dessous de chez moi…)et un j’ai rien de mieux à foutre ! La plaie !!

  2. Martine 16 mars 2012 à 16:16 #

    eh bien, ça, c’est du vécu…..

    et pourquoi de la batterie ????

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