Torpeur et ronflements

4 Jan

« C’est pas que ça me réveille, ouhla, du tout, que nenni ! Nan, à la base, ça m’empêche carrément de m’endormir. »

« Des quoi donc ? Des boules Quies ? Ah mais, j’ai essayé ! C’est comme ça que j’en suis venue à la conclusion qu’au final, le pire, ce n’est pas le son : ce sont les vibrations. Ex-aequo avec l’envie coupable de t’étrangler, là, dans ton sommeil. Tu savais que priver un individu de repos est un moyen de torture reconnu et efficace pour le faire craquer nerveusement ? Alors imagine-toi à ma place, avec un oreiller à portée de main et un motif de légitime défense, la tentation est grande – proportionnelle au niveau de décibels ? – de mettre fin à mon supplice de façon radicale. »

@planetebd.com

7,7 sur l’échelle de Richter

En attendant d’élaborer le meurtre parfait, pendant mes nuits d’insomnie, je me renseigne. Comment se fait-il qu’un si petit courant d’air au fond des naseaux fasse trembler les murs à ce point ? Il existe deux types de ronflement : l’occasionnel (après une bonne picolade ou, plus étrangement, chez la femme enceinte) et le chronique. Seul le dernier est vraiment embarrassant.

@www.creativecriminals.com

Comment expliquer ce vrombissement ? En général, ça se passe au niveau des tissus naso-pharyngés (c’est par là qu’on déglutit), l’endroit qui fait filtre ET caisse de résonance. A l’inspiration, la luette et la partie molle du palais vibrent et claquent comme des voiles au vent au rapprochement des piliers postérieurs des amygdales. Tant qu’il ne provoque pas d’apnée du sommeil ou de meurtre conjugal, le ronflement n’est qu’un désagrément sans importance. Mais il peut aussi être le signe d’un rhume, d’une allergie, d’une hypertension artérielle, d’une déviation des cloisons nasales ou d’une hypertrophie des cornets (= lames osseuses des narines trop rapprochées).

J’ai beau siffler…

En tout cas, cette vibrante condition importune davantage l’entourage du ronfleur que le ronfleur lui-même. Pour ceux qui en pâtissent, voici un éventail de solutions glanées chez divers professionnels de la médecine, des témoins, des repentis, quelques associations et d’autres pourfendeurs de vacarme nocturne :

1. Dormir sur le côté ou sur le ventre : les ronfleurs dorment souvent sur le dos. Il suffit parfois de les faire rouler sur le côté pour faire cesser le vacarme. La recette de grand-mère ? Une bille cousue à l’arrière de la ceinture du pyjama, pile sur le coccyx, qui oblige le dormeur à se tourner.

2. Changer ses habitudes alimentaires : consommer certains produits augmente le risque de ronflement. L’alcool, certes, mais aussi les produits laitiers, et tout ce qui est susceptible de tapisser la muqueuse de la gorge ou de relâcher ses muscles.

3. Arrêter de fumer : oh surprise, le ronfleur est souvent un fumeur. Avec muqueuse irritée, voies encombrées, et tout le tintouin.

4. Perdre du poids : et si on mettait notre ronfleur au régime, en plus de lui piquer son vin, son yaourt et ses clopes ? Mmmm ?

5. Porter une gouttière, ou « orthèse mandibulaire antironflement«  : le nom fait peur, l’engin aussi. Effet retour aux années collège garanti. Efficace mais inconfortable.

6. Passer sur le billard : parlez normalement, à environ 1 m du ronfleur pris en flag. Si le ronflement couvre le son de votre voix, vous avez affaire à un niveau sonore supérieur à 70 db (soit l’équivalent du bruit d’une rue passante ou d’un aspirateur), assez pour réclamer l’intervention chirurgicale sobrement baptisée uvulo-palato-pharyngo-plastie (UPPP) : « se faire opérer des végétations ». Adieu, luette, voile du palais, amygdales et piliers ! Oui, c’est avec anesthésie générale. Et oui, c’est assez douloureux, après l’intervention.

SOS ronflement est une association loi 1901

7. Opter pour le laser : c’est l’alternative chirurgicale pour ceux qui chocottent rapport à la douleur/ l’anesthésie générale de la solution précédente. L’anesthésie est locale, comme chez le dentiste, et les douillets seront rassurés, on ne sent presque rien. Le laser CO2 sert à diminuer la longueur du voile du palais, tandis que le  laser Yag le retend et sert aussi à aggrandir les cornets. Possibilité de repousse des muqueuses après quelques temps, mais en attendant le laser présente un excellent quotient efficacité/coût.

8. Le traitement local :  spray gorge décongestionnant, traitement antihistaminique, patch nasal mentholé… Le marché des médocs anti-ronflements a explosé cette dernière décénnie et les marques misent souvent sur l’humour pour interpeler leur cible principale, à savoir l’autre, le partenaire du ronfleur, homme ou femme. Sauf dans la campagne 2010 signée Asonor (voir print ci-dessous) qui exorte le ronfleur lui-même à prendre son voisin d’oreiller en pitié, sur le thème « sois sympa, rends-lui son rêve ».

 « Quand on aime, on ne compte pas », qu’ils disent… Jusqu’à un certain seuil de nuisance sonore ?

Promulgué par l’Altesse mondialiste

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2 Réponses to “Torpeur et ronflements”

  1. JOHNSTEED 5 janvier 2012 à 10:25 #

    J’ai trouvé un excellent moyen de régler ce problème de nuit !
    Elle se levait pour de nombreux petits pipis, le réveillait, il dormait peu et mal, ronflait. Elle ne supportait plus cela.

    Finalement ils ont divorcé.

    Sa nouvelle compagne, l’adore, il dort, elle dort, il ronfle surement.

  2. laviereveedunefee 5 janvier 2012 à 23:39 #

    C’est le bruit que je déteste le plus au monde, je pourrais tuer tellement ça m’exaspère.

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