Un Chilly ultra relevé

9 Sep

Chilly Gonzales. Une drôle de dégaine. Rien que son nom a l’air d’être une grosse blague. Et c’est un peu le cas. Mais qui est ce mec ?

A priori peu connu du grand public, le musicien était pourtant, dimanche dernier, l’invité ultra privilégié d’un concert ultra privé à l’ultra sélect club Le Silencio, dernière surprise parisienne de David Lynch.

Chilly Gonzales, c’est bien sûr un nom de scène, pour un Canadien à l’humour décapant. Son credo ? Parodier les genres : electro, pop, hip-hop sont passés à la moulinette d’un esprit surréaliste tiré par les cheveux… Et Chilly Gonzales est sa marionnette, son double scénique : un rappeur juif, un peu beauf, faussement provocateur, mais génie malgré lui.

Sauf que le Jason Beck, 39 ans, est auteur-interprète-compositeur, et surtout il a une formation de pianiste classique. Ainsi qu’un talent et un CV bien étoffés. Véritable « Entertainist » surdoué, ce touche à tout ne fait rien comme les autres. Également acteur et scénariste (on le verra prochainement dans le décalé Ivory Tower, d’Adam Traynor, film pour lequel il a cosigné le scénario et dont il a réalisé la B.O.), il n’hésite pas à utiliser cette corde lors de ses concerts qui balancent alors entre set pointu et one-man show burlesque.

Et cet homme-orchestre n’est, bien sûr, pas passé inaperçu. Star des clubs berlinois au début des années 2000, concepteur d’un album instrumental à succès (Solo piano, 2004) ou détenteur du record du plus long concert de piano (plus de 27 heures au clavier), il a également collaboré en tant qu’auteur-compositeur aux albums de son amie Peaches, de Jane Birkin (Rendez-vous, 2004), de Philippe Katerine (Robots après tout, 2005), de Housse de Racket (Forty Love, 2008), d’Abd Al Malik (Château-Rouge, 2010) ou de Feist (Let It Die, 2004 ; The Reminder, 2007 ; Metals, sortie en octobre).

Enfin, pour le grand public, mais si, si, vous le connaissez : il a joué les mains de Serge Gainsbourg dans Gainsbourg : Vie héroïque de Joann Sfar et est le compositeur de Never Stop, le single de la pub pour l’iPad d’Apple.

Enfin, c’est surtout le génie qui a sorti en juin un nouvel album de « rap de chambre » aux textes complètement débiles et aux orchestrations définitivement gigantesques : The Unspeakable Chilly Gonzales.

Dépeint par l’intégriste culturelle

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3 Réponses to “Un Chilly ultra relevé”

  1. Val 9 septembre 2011 à 13:59 #

    et, ce qui n’enlève rien, j’ai bossé avec lui, c’est un amour!!

    • ol 17 février 2013 à 01:21 #

      comment as tu fait!! génial!!!

  2. c.dan 9 septembre 2011 à 17:07 #

    Un grand fou plein de génie! Moi je surkiffe son titre et son clip « take me to broadway » à voir d’urgence pour finir aux urgences ou a l’asile!Sinon bravo pour l’article toujours aussi bien écrit et qui donne envie, merci l’integriste!

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