I love you Tina Fey

2 Sep

© DR

Je tiens à prévenir mon cher lectorat, les quelques mots qui vont suivre useront massivement de l’hyperbole. J’ai découvert Tina Fey en regardant, que dis-je, en dévorant les saisons de 30 Rock, une série qui envoie grave du pâté. Cette fiction très américano-américaine, à voir absolument en VO, dépeint le quotidien de l’émission de divertissement TJS sur NBC, chaîne sur laquelle la série est justement diffusée. Soit une des plus belles mises en abîme que la téloche ait jamais pondue. Tina Fey produit, écrit, réalise parfois même le show et y campe Liz Lemon, la scénariste en chef de TJS. 30 Rock – en référence au 30 Rockefeller Plaza, l’adresse de NBC – est un petit bijou télévisuel porté à bout de bras par cette quarantenaire un peu madame Tout-le-monde, un peu Wonder Woman.

En creusant un peu, je découvre que Madame Fey s’est taillée une série autobiographique puisqu’elle a occupé pendant de nombreuses années le poste de scénariste en chef de l’émission culte Saturday Night Live. Les acteurs mégalos, elle connaît. Les producteurs au bord du burn-out, elle a aussi donné. Les cadres dirigeants du Network qui ne pensent qu’à vendre des micro-ondes pendant les pages de pub n’ont pas de secret pour elle. Mais attention, 30 Rock n’est pas qu’une critique de la télévision moderne. C’est un OVNI époustouflant d’absurde, parsemé de dialogues hilarants, mais surtout habité de personnages aussi épiques que grotesques. Mention spéciale à Alec Baldwin, dans le rôle de Jack Donaghy, le big boss républicain hardcore qui a une théorie marketing pour tout : le sexe, le poker, sa mère. On y retrouve aussi avec délectation Jane Krakowski (la secrétaire un peu chaudasse d’Ally McBeal) et l’inimitable Tracy Jordan, dans son propre rôle (!). Cerise sur le gâteau : les seconds rôles sont hyper léchés et totalement loufoques. Enfin et surtout, toutes les vannes sont très écrites et portent sans distinction sur les blondes, les gays, les noirs, les people, les politiques, les blondes et les handicapés. Et ça fait du bien. Bref, 30 Rock, ça ne se raconte pas, ça se regarde. Morceaux choisis de Jack Donaghy (sorry dudes, pas de sous-titres) :

Au fur et à mesure des saisons, j’ai développé un intérêt certain (une obsession, en fait) pour Tina Fey. Ce petit bout de bonne femme issue de la classe très moyenne a grandi dans le quartier jadis grec de Philadelphie. Adolescente nerd, un poil chienne de garde, elle découvre le théâtre et la mise en scène lors de stages d’été. À la sortie de la fac, elle écume les petits boulots pour se payer des cours d’impro. Elle parvient à intégrer une troupe professionnelle et apprendra, tout en sillonnant le pays, les rudiments de son futur métier : l’ENTERTAINMENT EN DIRECT LIVE. Un truc que nous, on est incapable de faire en France, en passant. De fil en aiguille, mais surtout sur un coup de moule incroyable, elle intègre l’équipe des scénaristes du Saturday Night Live, qu’elle finira pas diriger. Oui, une femme. En fait, on connaît tous Tina Fey sans le savoir : c’est elle qui a fait le buzz en parodiant Sarah Palin lors de la dernière campagne présidentielle américaine. C’est elle aussi qui a écrit Mean Girls (Lolita malgré moi), le teen movie pas bête du tout avec Lindsay Lohan (avant Botox) dedans.

Tina Fey BossypantsSi comme moi tu es subjugué(e) par Tina, tape-toi Bossypants, son bouquin sorti en avril dernier, où elle tente d’expliquer comment elle (une femme) est arrivée là où elle est. Après avoir refermé le livre, j’en sais plus sur elle, sans pour autant pouvoir rationaliser les raisons de son succès. Car le talent, au fond, ça ne s’explique pas.

Infligé par l’Executive pétasse

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5 Réponses to “I love you Tina Fey”

  1. Ceriat 2 septembre 2011 à 10:24 #

    J’en avais entendu parler, mais je ne pensais pas que c’était aussi bon qu’on me le disais, maintenant j’ai votre avis favorable en plus. Merci pour l’info.

  2. gentlemanw 2 septembre 2011 à 11:17 #

    Vous m’avez donné une énorme envie de voir, de lire, de décortiquer le vrai du faux, d’analyser le nombrilisme américain qui invente, ou réinvente, et parfois se noie dans son imagination d’enfant.

    Deviendront-ils un jour adulte ? et autrement qu’en jouant au cow-boy protecteur du monde, avec ses armes comme cerveau.

  3. La serial mother 2 septembre 2011 à 15:38 #

    Ca donne carrément envie !
    Merci pour la trouvaille.

  4. Meg 4 septembre 2011 à 22:30 #

    C’est vrai, Tina est géniale.

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  1. Gay, gay, marrez-vous ! | Arsenic et Petites Culottes - 12 juin 2013

    […] zoophilie, bref la folie collective. Le présentateur vedette de la HBO Bill Maher et sa complice Tina Fey ont mené une campagne très pédagogique, c’est-à-dire avec un chouillat de second […]

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