On se fait un coréen ?

20 Juil

"Old Boy"

Quoi ? On va au resto ? Mais non, c’est mercredi. Sorties de films et temps pourri obligent : on va au ciné ! Et si on arrive à trouver une salle qui ne passe pas Harry Potter, on se précipite sur deux petites bombes du cinéma coréen : deux thrillers moites et sombres… comme ça, on n’est pas trop dépaysés !

  • The Murderer, de Na Hong-jin

Pour les amateurs du genre, impossible d’évoquer Na Hong-jin, le réalisateur, sans parler de son précédent film : The Chaser. Un maquereau, ex-flic, reprend du service quand une de ses prostituées disparaît : deux nominations pour la Caméra d’or à Cannes en 2008 et un prix au Festival du film asiatique de Deauville en 2009, le long-métrage a surpris la critique et les spectateurs avec ses deux personnages (et ses deux acteurs) impressionnants de consistance, ses courses poursuites nocturnes haletantes, son efficacité, son atmosphère tendue et des scènes insoutenables façon Old Boy. Pour The Murderer, Na Hong-jin reprend ses deux acteurs fétiches et inverse les rôles. Présenté cette année à Cannes dans la sélection Un Certain regard, le film a également fait sensation avec pas moins de quatre nominations. Voilà pour le pedigree. Sinon, ça parle de quoi ? D’un chauffeur de taxi coincé dans une ville chinoise, sorte de no man’s land pour immigrés où les plus forts font la loi, pendant que sa femme est rentrée en Corée du Sud pour trouver un travail. Mais après son départ, pas de nouvelle de la belle. L’homme veut donc passer la frontière pour la retrouver… à tout prix. Ce prix sera imposé par un obscur chef de gang : celui-ci lui commande un meurtre. Imprévus, décalages, rythme soutenu et noirceur (des décors, des situations, des personnages…) : un thriller brute et explosif qui va vous coller poisseusement à la rétine.

  • J’ai rencontré le diable, de Kim Jee-woon

Pour celui-ci, une trame plus classique : un agent secret part sur les traces du serial killer qui a découpé sa petite amie en morceaux. Le plus ? L’enquête se transforme en traque sanglante et vengeresse, en forme d’ambigu face-à-face entre deux personnages fortement déglingués. Celui qui veut faire justice devient alors une bête sauvage presque trop semblable au meurtrier qu’il poursuit. Où est la frontière entre le Bien et le Mal ? Quand la franchit-on ? À l’affiche deux monstres d’acteurs, comme la Corée sait en produire. D’abord Choi Min-sik, comédien qui aime se frotter aux rôles bien âpres et violents, et que l’on identifiera immédiatement comme le héros déjanté de Old Boy. Et aussi Lee Byung-hun, le Johnny Depp coréen, total beau gosse ultra-doué que l’on a déjà vu dans A Bittersweet Life ou Le Bon, la Brute et le Cinglé. Le tout mené magistralement par le réalisateur de ces deux derniers films, ainsi que de Deux sœurs.

Le soleil ne revient pas avant une semaine, alors les salles obscures vous tendent les bras. Et si vous avez vraiment mais VRAIMENT trop de temps à perdre, alors seulement vous pouvez aller voir le dernier volet d’Harry Potter…

Dépeint par l’intégriste culturelle

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