Michelle Williams : l’élégance de la discrétion

27 Juin

Il y a des femmes que l’on admire pour leur engagement, d’autres pour leur beauté, certaines pour l’odeur de souffre qui les suit partout, pour leur originalité, pour leur caractère de feu… Et il y a celles qui forcent notre respect à coup de douceur, de discrétion et d’exigence : cette façon d’avancer dans la vie sans faire de bruit mais toujours droit devant.

Dès le départ, dans Dawson, elle était la touche un peu trash (toute proportion gardée, bien sûr) parmi tous ses acolytes trop lisses. Elle était alors Jen, une ado venue de la ville, une Ève qui apportait avec elle des effluves de scandale, une fille un peu trop bien dans son corps, frivole, toute en sexualité. Mais si la série fait un carton, on prête plus attention à l’insipide Katie Holmes, dont Michelle est alors le faire-valoir. C’est l’époque des Buffy et autres Charmed, les jeunes actrices qui jouent aux ados sont légion, et les garces n’ont pas bonne presse. À l’arrivée, la comédienne finit noyée dans la masse.

De gauche à droite : Holly Marie Combs, Michelle Williams, Jessica Biel, Katie Holmes, Sarah Michelle Gellar, Shannen Doherty, Keri Russell, Alyssa Milano.

Alors comment alors se démarquer d’une Alyssa Milano bombesque, d’une Shannen Doherty sulfureuse ou d’une Katie Holmes bon chic bon genre ? Michelle prend le contre-pied de toutes ses collègues et décide de ne pas surfer sur le succès de Dawson : elle TRAVAILLE. La jeune fille, qui a eu l’équivalent de son bac avec deux ans d’avance et s’est émancipée à 15 ans de ses parents, tout ça pour pouvoir se consacrer à sa passion du théâtre, sait ce que veut dire trimer : elle a enchaîné les rôles alimentaires dans des séries de seconde zone (Alerte à Malibu, Notre belle-famille…), et ce alors qu’elle n’était même pas majeure et qu’elle vivait loin de ses proches dans un appartement pourri de Los Angeles. Elle se tourne vers le cinéma indépendant : Prozac Nation d’Eric Skjoldbjaerg, avec Christina Ricci, Imaginary Heroes de Dan Harris, avec Sigourney Weaver… Puis vient The Station Agent, en 2003, un film confidentiel, inattendu au box-office, qui va pourtant faire un carton auprès du public et rafler les prix et nominations au festival de Sundance 2003, aux BAFTA Awards et aux Independant Spirit Awards. Les acteurs seront même tous consacrés dans la catégorie « Meilleur casting » aux Screen Actors Guild Awards. Elle enchaîne avec Land of Plenty de Wim Wenders l’année suivante.

Heath Ledger et Michelle Williams.

Et enfin, le premier vrai coup de projecteur sur grand écran. En 2005, Michelle participe au tournage du Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee. Elle y rencontre Heath Ledger, qui deviendra son mari. Sans le savoir, l’actrice est en train d’écrire une légende. Tout d’abord grâce au film. Cette histoire d’amour entre deux cow-boys, qui plus est filmée par le réalisateur de Tigre et Dragon, fait figure d’OVNI et fait jaser. Les attentes du public et de la critique ne seront par déçues : Heath Ledger, Jake Gyllenhaal et Michelle sont, cette année-là, de toutes les nominations. Le couple ultra glamour et ultra en vue fuit les paparazzis, et réduit ses apparitions à quelques tapis rouges. Ils auront une petite fille ensemble, Matilda. Si Michelle continue sa carrière avec patience et persévérance, pour Heath, c’est l’explosion : sa prestation dans le rôle du Joker, dans The Dark Knight, est saluée avant même que le film ne sorte en salles. En plein tournage de L’Imaginarium du Docteur Parnassius de Terry Gilliam, l’acteur meurt d’une intoxication aux médicaments. Michelle et lui se sont séparés quelques mois auparavant, Heath a 28 ans, est dépressif et épuisé par le tournage du dernier Batman… Un mythe naît. Il sera le premier à recevoir un oscar, un Golden Globe et un BAFTA Award du meilleur acteur à titre posthume.

Dévastée par la mort de son ex, Michelle se concentre sur leur petite fille. Elle se fait encore plus rare. Hormis une apparition remarquée dans Shutter Island de Martin Scorsese, elle a considérablement réduit les tournages et devient sélective. Jusqu’à aujourd’hui : pas moins de deux films à l’affiche : Blue Valentine et La Dernière Piste. Quand elle apparaît au Festival de Cannes 2010, pour présenter le premier, les journalistes sont en émoi devant la fragile jeune femme, qui apparaît toute en blondeur lumineuse, avec une nouvelle coupe courte et une aura différente. Une renaissance ? L’actrice y tient pourtant un rôle dramatique, l’histoire douce-amère d’un couple qui tente de recoller les morceaux : et hop, une nomination aux oscars et aux Golden Globes dans la catégorie « Meilleure actrice ». Et dans La Dernière Piste ? Pas mieux : elle est une migrante qui tente de survivre au milieu du désert et au milieu d’hommes poussiéreux, dans un western aride. Deux personnages sombres et sans concessions, donc. Mais surtout deux premiers rôles.

Le début de la grande envolée ? Peut-être. Car Michelle Williams a décroché le rôle très convoité de Marilyn Monroe, dans My Week with Marilyn. Une performance d’actrice est attendue. Si la blondeur, le mythe et la fragilité sont là, souhaitons-lui un destin plus lumineux…

Dépeint par l’intégriste culturelle

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5 Réponses to “Michelle Williams : l’élégance de la discrétion”

  1. bottines 28 juin 2011 à 10:30 #

    Je ne savais pas du tout qu’elle avait eu un enfant avec Heath Ledger.
    Je ne la connais pas plus que ça en tant qu’actrice mais j’aime ce qu’elle dégage…

  2. ceriat 28 juin 2011 à 11:04 #

    Elle a l’air d’avoir un bel avenir devant elle, souhaitons-lui bonne chance.

  3. filou49 28 juin 2011 à 20:27 #

    Je l’avais aussi remarqué dans Manipulations, un thriller pas terrible avec Evan mac Greggor et Hugh Jackman qu’elle illuminait de sa grace et sa blondeur.
    Et dans Blue Valentine, effectivement sa prestations est prodigieuse : on dirait qu’elle joue sa vie

  4. laviereveedunefee 30 juin 2011 à 12:22 #

    Je l’aime beaucoup car contrairement à son personnage dans Dawson, elle dégage une certaine fraîcheur, agréable pour une actrice dans son genre

Trackbacks/Pingbacks

  1. The Artist : quand ton silence est d’or « Arsenic et Petites Culottes - 18 janvier 2012

    […] pas surpris de voir Games of Thrones sortir du lot ou encore Michelle Williams récompensée (Meilleure actrice) pour ses pirouettes poupoupidouesques. Pourtant, pour le prix […]

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