Vandales de tous les pays, à vos pelotes de laine !

27 Jan

© La guérilla de Knit in the City.

Plus besoin de sortir à des heures indues pour vandaliser les devantures de magasins ou les portes de RER. La délinquance soft se pratique désormais de chez soi, devant un bon feu de bois ou un convecteur radiant branché à donf, des lunettes en demi-lune posées sur le bout du nez. Vos armes de destruction passive ? Des aiguilles à tricoter calibre n° 6 et une pelote de laine alpaga extra-douce. Votre cible : la rue, toute la rue. Votre mission, si vous l’acceptez : relooker le mobilier urbain en le recouvrant de laine multicolore.

© Baltimore DIY.

Vous vous souvenez peut-être de cet album de Gaston Lagaffe dans lequel notre héros se voit offrir un pull bleu sur lequel est apposé un gros « P » blanc ? Gaston, qui rencontre souvent de sérieux pépins pour garer sa voiture en ville, décide de retirer son pull et de l’enfiler sur un panneau de signalisation. Il vient d’inventer sans le savoir le « street tricot » !

© KnittaPlease

On connaissait les créations laineuses hors de prix de Wool and The Gang et les mamies tricoteuses de Golden Hook, qui ont branchisé le tricot en quelques années. Il faut désormais compter avec les initiatives plus désintéressées et créatives, comme celles du Collectif France Tricot qui voit carrément la vie en point mousse multicolore.

© DR

Expos, happenings, exhibitions sauvages, les tricoteurs et tricoteuses sortent de leur salon pour s’approprier la rue. À l’origine, cette initiative farfelue nous vient de l’autre côté de l’Atlantique – as always -, plus précisément d’un groupe de tricoteuses américaines hip : les KnittaPlease. Loin du cliché des mamies qui tricotent des cardigans jacquard couleur caca d’oie « avec deux trous plus grands pour les bras », ces demoiselles sillonnent le monde pour répandre le bon patron.

© KnittaPlease

Et il semblerait que la petite graine ait fini par germer en France. Non seulement les aficionadas (euh, oui, ça reste quand même une initiative majoritairement féminine) s’exposent au détour d’un abribus, mais elles se retrouvent dès l’arrivée des beaux jours dans les parcs pour des sessions endiablées de tricotage collectif. Moins salissant et plus « peace and love » que le graff, plus éphémère et onirique que le tag, le yarnbombing (« street tricot » en anglais) a de beaux jours devant lui.

© KnittaPlease

Franchement, moi, ça me tente bien d’essayer de me tricoter le pull « P » de Gaston Lagaffe et d’aller l’essayer illico sous le nez des pervenches. Pas vous ? Quoi, vous ne savez pas tricoter ? Pas de problème : il existe déjà une demi-douzaine d’applications knitting pour votre iPhone, et les blogs aussi bien que les groupes de tricot pullulent. À bon entendeur…

Infligé par l’Executive pétasse

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3 Réponses to “Vandales de tous les pays, à vos pelotes de laine !”

  1. Larbi benBelkacem 28 janvier 2011 à 18:53 #

    Pourquoi pelotes avec 2 « t » ?

Trackbacks/Pingbacks

  1. Aux armes, éco-citoyens ! « Arsenic et Petites Culottes - 10 mai 2011

    […] citadins ont décidé de se réapproprier la ville : graff, puis space invaders ou tricot sauvage… Le mobilier urbain est désormais le support de toutes les revendications et le théâtre […]

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