A quelle catégorie de sociopathe appartient votre patron ?

23 Nov

Christian Bale dans American Psycho

Ah ! Elle a bon dos, la crise ! Mais le salarié n’est pas dupe, non. Il observe, impuissant, les comportements managériaux se crisper à l’extrême. L’open space nous « tue », l’atteinte des objectifs nous tresse et les primes ont disparu. On vous fait régulièrement comprendre que vous avez la « chance » d’avoir un emploi – non que vous le méritiez par vos compétences ou vos accomplissements -. Et d’ailleurs, si vous n’êtes pas content, environ 102 236 personnes ayant le même profil que vous seraient prêtes à reprendre votre poste pour la moitié de votre salaire. A bon entendeur…

Cet article a la non-ambition de dresser un bestiaire des patrons. Ceux qui sont censés implémenter l’organisation des relations intra-entreprise, motiver, manager, bref, faire en sorte de sortir le meilleur de chacun de leurs employés. Si vous êtes dans une moyenne ou petite entreprise, on entend par « patron » le  grand manitou de la boite. Si vous êtes dans un grand groupe, il s’agit de votre N+2,3 ou 4, en d’autres termes la personne la plus haut placé à qui vous rendez directement des comptes. Si vous êtes vous-même big boss ou à la tête d’un département entier, lisez attentivement ce qui suit avant de téléphoner à votre psy ou à vos parents.

Tom Cruise dans "Jerry Maguire".

Le jeune loup

Il vient de monter sa boîte et vous êtes peu ou prou son premier employé, embauché au SMIC roumain. Si vous l’admirez pour son courage et son abnégation – selon ses dires, il ne s’est pas payé depuis 2008 -, vous constatez qu’il a tendance à tout faire reposer sur vos frêles épaules. Vous gérez les prestataires impayés, les fiches de paies, le standard téléphonique et les rendez-vous avec de petits clients – qui font quand même tourner la boîte -, alors que lui passe ses après-midis en « déjeuners d’affaires » dans des restaurants étoilés. Il est familier avec vous, vous a présenté sa copine, ses potes et même sa famille, mais au boulot, il vous irrite.

Son problème : Le jeune loup a toujours été un « Joe la démerde ». Peu brillant mais furieusement charmeur, il a forcé les portes des écoles de management pour fils à papa, où il faisait déjà en sorte d’en faire le moins possible dans le cadre de travaux de groupe. A la fin, c’est quand même lui qui présentait l’intégralité de l’exposé à la classe.

Les conséquences sur vous : Non seulement vous vivez dans son ombre, mais lui se nourrit de cette ombre pour demeurer dans la lumière. Vous avez l’impression d’être un double de lui en beaucoup moins bien, et vous poussez le vice jusqu’à comparer tous les aspects de votre vie à la sienne : voiture, appart, petite-amie…

Le remède : Démissionnez pour monter votre propre boîte. Si vous ne vous en sentez pas capable, alors restez là où vous êtes, puisque vous êtes doué pour cela, et arrêtez de vous plaindre. Tout le monde ne peut pas être un champion, comme dirait l’autre.

Melrose Place, working girl, management.

Heather Locklear dans "Melrose Place".

Madame Parfaite

Elle martyrise les petites mains qui travaillent pour elle : assistantes, stagiaires, contrats pro, etc. Fervente partisane de la méritocratie, elle ne valorise que les collaborateurs qui possèdent le même pédigrée qu’elle : HEC, ESSEC, ESCP et grandes écoles d’ingénieurs. Hyper intransigeante envers elle-même, elle exige des autres la même implication.

Son problème : Elle s’est hissée au top niveau toute seule par moult sacrifices pour contrebalancer sa tare originelle : sa condition de femme. Issue d’un milieu modeste ou intellectuel, elle a oublié de se marier – pas le temps – ou est sur le point de divorcer. Ayant fait ses preuves et sa place dans un monde d’hommes, elle en a acquis certains travers, comme la misogynie.

Les conséquences sur vous : Vous l’avez plainte un temps alors que vos collègues l’accablaient. Vous voyiez en elle une mère courage, symbole d’un féminisme moderne. Mais vous avez fini par vous lasser de ses remontrances et de la manière sèche et expéditive dont elle vous parle.

Le remède : Une vie sexuelle source de satisfaction. Présentez-lui votre oncle, votre boulanger ou le guichetier de la Poste.

Steve Carell dans "The Office".

Le petit père des peuples

Ses employés l’appellent « le padre » dans son dos. Il veut être proche de son peuple pour compenser les aspects dévastateurs de son management par la terreur. Sous prétexte de venir vous sortir une blague – souvent de très mauvais goût, mais à laquelle tout le monde ricane par crainte d’exécution sommaire -, il en profite en fait pour contrôler d’un œil aguerri le contenu de votre écran d’ordinateur. Tel un maître Yoda des open-spaces, il parvient à se caler juste derrière vous et à vous observer travailler pendant plusieurs minutes sans que vous ne remarquiez sa présence. Grand paranoïaque devant l’éternel, il est convaincu qu’il vous paie – une misère – à rien foutre. Il adore humilier publiquement ses collaborateurs et ne manque pas une occasion de vous rappeler sa supériorité intellectuelle, naturellement proportionnelle à son salaire. Classe.

Son problème : Il n’a pas fait d’études et rencontré gloire et fortune en arnaquant d’une manière ou d’une autre quelqu’un, ou en héritant. Il n’a pas d’amis – ils les a tous entourloupés – et cherche désespérément à être aimé de ses employés en les invitant au resto ou en leur payant des séminaires à Marrakech.

Les conséquences sur vous : Vous faites régulièrement des pics de 20 de tension, durant lesquels vous vous jurez de démissionner. Vos résolutions s’envolent dès qu’il manifeste un geste d’humanité quelconque – syndrome de Stockholm, sors de mon corps ! Résultat, vous le détestez autant que vous vous méprisez vous-même.

Le remède : Révolution, cataclysme, maladie grave. A moins d’être sujet à un électrochoc d’ampleur, ce monsieur ne changera pas. Démissionnez.

Allez avouez-le, votre supérieur hiérarchique ressemble à une de ces descriptions, ou même aux trois en même temps ! A croire que les psychologues du travail devraient autant se pencher sur les victimes que sur leurs bourreaux….

Si votre boss fait partie d’une catégorie encore non recensée par nos services, n’hésitez pas à nous en informer, notre bestiaire aura toujours besoin d’être updaté.

Infligé par l’Executive pétasse

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Une Réponse to “A quelle catégorie de sociopathe appartient votre patron ?”

  1. Odesespoir 23 novembre 2010 à 17:47 #

    Tout simplement génial ton article . J’aime +++ . Je reviendrais te voir de temps en temps .

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