Précis du parfait lycéen gréviste

18 Oct

Les membres du Gouvernement sont formels : les lycéens n’ont rien à faire dans la rue. Une affirmation déconcertante de plus à la longue liste des « vérités » édictées par des politiciens dépassés. D’autant plus déconcertante qu’historiquement le lycéen est un membre actif des grandes manifestations qui ont secoué la France : mai 68, grèves de 1995, CPE… Et que s’il y a bien une tranche de la population concernée par la réforme des retraites, c’est bien celle-là même qui est à l’aube de sa vie active. Alors si tu es lycéen et que, malgré tout, tu as décidé de braver (encore une fois !) les interdits, voici ce qu’il te reste à faire.

Te taper l’incruste

Première caractéristique du jeune : il se déplace souvent en groupe/bande/tribu. Un lycéen présent à la mobilisation, et c’est 10 grévistes de plus à ajouter au cortège des manifestants. Embêtant pour les chiffres. Pour peser de tout ton poids sur la réforme des retraites, nous ne saurions donc que trop te conseiller de respecter un de tes rituels éternels : rameuter tous tes potes (bien sûr, ceux qui ont tout de même un minimum de conscience politique, pas ceux qui braquent les soirées du lycée pour quelques bouteilles).

Te mettre dans l’ambiance

Le B.A.BA : apprendre par cœur les slogans du moment. « Condamnés au travail à perpétuité », « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère », « Ta retraite, on va s’en occuper » (accompagné d’une photo de Nicolas Sarkozy, bien entendu), « Si t’es pour le pouvoir d’achat, tape dans tes mains », « Ils servent à rien, ils nous coûtent cher, licencions les actionnaires »… Tout ça va te rappeler les feux de camp sur la plage de l’été dernier… puissance 10. Convivialité assurée.


Respecter le dress code

Et pour qu’on t’identifie sans difficulté, le keffieh est l’accessoire indispensable : il est le symbole de ta rébellion et de ton appartenance, avec lui tu es le jeune cool qui a emprunté l’étendard de ses aînés (70’s represents). Hormis les chaussures de marche et une tenue pratique et fashion à la fois (l’âme sœur est peut-être dans le cortège), n’oublie pas non plus les flyers à coller sur ta veste, ton sac, ton chapeau… C’est du collector et ça va mettre du peps dans ton look.

T’organiser

Enfin, il faut bien se sustenter. Le lycéen encore en pleine croissance a besoin de toutes ses forces pour livrer la bataille et piétiner pendant plusieurs kilomètres. Donc chips, bonbons et sodas squatteront les sacs à dos. Et on garde son smartphone sur soi, il sera bien utile en court de défilé pour dégotter un McDo, un bar ou des toilettes publiques. C’est aussi un très bon moyen d’esquiver papa-ouvrier-syndiqué, grâce au GPS. On peut être roots, tout en étant pragmatique.

Mais alors pourquoi veut-on que le lycéen reste chez lui ? Excepté le fait qu’il viendra grossir les rangs des manifestants, qu’il éveillera sa conscience politique, qu’il mettra en péril le programme de l’éducation nationale et que son arrivée dans le cortège est souvent le début d’une grève illimitée… Eh bien, parce qu’il ne faudrait surtout pas qu’il prenne goût aux piquets de grève. À côté de lui, ce sont ces parents et grands-parents : ils ont défilé étant jeunes, ils sont toujours là ! Une prescription aux parents : pour demain, transmettez le flambeau et faites des mots d’absence à vos enfants.

Dépeint par l’intégriste culturelle

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