Les femmes au travail : moches ou belles, toujours discriminées

9 Sep

© Mad Men : À croire que rien n'a changé depuis les années 50...

Arsenic réagissait, en avril dernier, au licenciement de femmes japonaises chez Prada, au motif qu’elles ne correspondaient pas aux critères physiques requis par l’entreprise. En clair, elles ont été « remerciées » parce qu’elles étaient trop moches.

À peine deux mois plus tard, l’université du Colorado publiait une étude intéressante dans le domaine de la psychologie sociale, dont les conclusions remettent en question l’adage selon lequel le salaire d’une femme serait proportionnel à sa beauté physique.

Stefanie Johnson, professeur de management à la Business School de Denver rattachée à l’université du Colorado, a demandé à une soixantaine d’étudiants en psychologie de sélectionner à partir de photographies des candidats à différents types de postes. À l’heure de révéler les résultats de cette amusante enquête, Mme Johnson s’est vite aperçue que les femmes attirantes faisaient l’objet d’une TRÈS sévère discrimination dans l’attribution de postes dits « masculins », genre responsable recherche et développement, directeur ou directrice financier/ère, ingénieur en mécanique, ou maître d’œuvre dans la construction. Encore plus probante, l’expérience a été renouvelées avec, cette fois, un CV attaché à chaque photo. Le résultat est resté inchangé : les mecs et les nanas (moins mignonnes) étaient préférés aux jolies filles, à compétences égales.

En d’autres termes, concernant la beauté physique des femmes actives, il y aurait deux poids, deux mesures.  On requiert de la subalterne ou de l’employée lambda (assistante, vendeuse, comptable, hôtesse en tout genre, etc.) qu’elle soit agréable à regarder. Cette même beauté devient suspicieuse au moment d’attribuer à ces dames des responsabilités traditionnellement endossées par des hommes.

Tu es belle, ma fille, tu seras hôtesse de l'air !

En France, les réactions de l’ensemble de la classe politique à la candidature de Ségolène Royal ont parlé d’elles-mêmes : c’est une belle femme, donc elle est nulle. Et j’exagère à peine… Aux États-Unis, cela expliquerait pourquoi la sublime Debralee Lorenzana, employée de haut vol chez Citibank à New York, s’est faite licenciée en mai dernier au motif que ses managers – des hommes – la trouvaient trop distrayante (comprendre « trop attirante »). Tout a commencé lorsqu’un jour son boss a déboulé dans son bureau accompagné d’un collègue, et lui a demandé de ne plus porter de jupes crayon, de talons hauts, de costumes aux pantalons trop ajustés et même de cols roulés (?).  La jeune femme se défend en arguant qu’elle s’habille exactement de la même façon que ses autres collègues féminines, mais rien n’y fait. Debralee est beaucoup trop canon. Elle poursuit aujourd’hui en justice son ancien employeur pour licenciement abusif et discrimination.

Debralee Lorenzana, trop belle pour Citibank.

Dans un monde d’hommes, les femmes, aussi efficaces et capables soient-elles, doivent rester à la place que ces messieurs leur ont attribuée et ce, semble-t-il, d’après des critères aussi rationnels et équitables que le tour de poitrine, la symétrie des traits du visage, la couleur et la forme des yeux ou encore la brillance des cheveux. Toi, ô lectrice dernière ton écran, si tu n’es pas trop belle, que tu as reçu une formation d’élite et que tu pulvérises tous tes objectifs au travail, alors tu feras peut-être – je dis bien « peut-être » – carrière. Ta destinée n’est malheureusement pas entre tes mains impeccablement manucurées, mais entre les leurs.

Infligé par l’Executive pétasse

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4 Réponses to “Les femmes au travail : moches ou belles, toujours discriminées”

  1. vivi 14 septembre 2010 à 10:09 #

    « Ségolène Royal ont : c’est une belle femme, donc elle est nulle. »
    NON Ségolène Royal est NULLE point barre, hors sexe et hors physique avantageux. C’est pas parce quie c’est une femme qu’il faut la valider de fait. Désolée mais ce serait trop simple.

    • L'executive pétasse 14 septembre 2010 à 10:56 #

      Peut être que Ségolène Royal n’était pas la bonne candidate au poste de Présidente de la République. Mais, pardon, on ne s’en est rendu compte que pendant la campagne. Ce que je souhaitais mettre en lumière ici c’était le fait qu’elle n’ait pas encore ouvert la bouche lors des primaires au PS que l’ensemble des politiques (y compris dans son camp) la décridibilise du fait qu’elle soit une femme. D’emblée. Je me souviens très clairement des phrases « Ça n’est pas un concours de beauté » (Jean-Luc Mélenchon) et et de « Mais qui va s’occuper des enfants ? » (Laurent Fabius). Tout à fait digne du débat politique. Mon avis est que si la candidate avait été Martine Aubry, les attaques auraient porté également sur son appartenance au « sexe faible ». Et non, Ségolène Royal n’est pas une personne qui se définit par sa nullité. Je ne crois pas.

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