Semaine en plein air : anthropologie d’un pique-nique

29 Juin

Le pique-nique, c’est un peu comme un dîner à la maison, mais en plein air. Et le fait qu’on ne soit pas chez quelqu’un change la donne. Avec les beaux jours, les pique-niques nous permettent de côtoyer ceux que l’on n’a pas l’habitude de fréquenter durant le reste de l’année. Radiographie d’une réunion entre amis (ou non) et de ses codes.

La bonne copine :

Elle est forcément là puisque vous y êtes, et elle n’est pas venue toute seule : elle arrive avec une bonne quinzaine de magazines féminins sous le bras et toute sa collection de vernis à ongles. Cette nana-là, vous l’aimez, c’est clair ! Le plus : avec elle, vous êtes sûre de « bitcher » (dauber) une bonne partie de l’après-midi, sans complexe. Le moins : les autres vous associent à juste titre à sa futilité, ses pédicures violettes et commérages n’aidant pas vraiment.

Le saltimbanque :

C’est un pote de pote que vous voyez trois fois l’an, qui porte (encore) des dreads et qui trimbale son clébard partout. Vous pensez secrètement qu’il vit dans un squat à Belleville avec ses amis les punks à chiens. Il ne prend pas le temps de manger vos wraps, il est trop occupé à jouer au foot, au diabolo, à l’Ultimate Frisbee ou au crachage de feu. Le plus : on est sûr de ne pas s’ennuyer, il y aura toujours quelque chose à regarder. Le moins : vous avez 85 % de chances de vous prendre un objet volant non identifié dans la tronche.

Le cadre sup’ :

Même si on est samedi, votre ami à cravate, comme vous l’appelez, n’a pas eu le temps de se changer, il est arrivé directement du bureau. Il va vous parler tableaux croisés dynamiques pendant des heures, le tout en checkant son smartphone toutes les 8 minutes. Il est tellement passionné par ce qu’il fait qu’il parvient presque à vous y intéresser. Le plus : il est passé à la Grande Épicerie acheter champagne et zakouskis. Le moins : il finira en bras de chemise et pantalon de costume remonté sous le genou pour aller courir derrière le ballon du saltimbanque, exécutant sous vos yeux horrifiés le plus gros fashion faux pas de l’année.

L’anorexique :

Ses troubles du comportement alimentaire ne datent pas d’hier. Elle ne touchera à aucune nourriture qui ne serait pas de couleur blanche ou verte. Elle ne se déplace d’ailleurs jamais sans son bento et deviendrait presque attachante si elle ne prenait pas un malin plaisir à voir les autres filles se goinfrer. Elle leur a apporté un tiramisu, un clafoutis et des smoothies au lait entier. Le plus : pas la peine de prévoir de gâteau au chocolat supplémentaire pour combler les garçons, votre amie anorexique s’en charge. Le moins : comme elle sait être culinairement persuasive, vous prendrez au moins 2 kilos ce jour-là.

La célibataire :

Tout comme dans les dîners en ville, la célibataire est la pièce maîtresse d’un pique-nique réussi. Elle captive les convives, en couple depuis des siècles, par le récit de ses conquêtes sexuelles. Ces derniers vivront, le temps d’un repas, leur vie par procuration. Le plus : tel un bon roman érotique, votre libido s’en trouvera reboostée. Le moins : la célibataire décidera sans doute de faire un massage de pieds à tous les mecs, dont le vôtre.

Les parents :

Vous savez, ce couple d’amis qui se voit comme une entité indivisible, qui dit sans cesse « nous » au lieu de « je », et dont l’unique sujet de conversation est la couleur des déjections de leur chérubin ? Manque de bol, ils sont les premiers jeunes parents de la bande. Ils ont amené Théo (comme c’est original), 4 ans, pour qu’il profite du grand air. Le plus : vous pariez sur le capital séduction du gamin pour que votre amoureux se décide enfin à vous en faire un. Le moins : vous venez d’augmenter de 15 % vos chances de vous prendre un ballon en pleine face.

L’incruste :

Il n’était pas invité, vous ne connaissez pas son nom, et pourtant il est là. Entre deux de ses blagues vaseuses, vous remarquez qu’il est venu les mains vides. Le plus : votre bonne copine a trouvé quelqu’un de plus sur qui casser du sucre. Le moins : il a l’air tellement à l’aise que vous redoutez déjà de le voir se pointer au Nouvel An, à votre anniversaire et lors de vos vacances à La Baule.

Pas de doute, ce fut une super journée, vous êtes épuisée, mais bizarrement vous avez le sentiment d’avoir rechargé vos batteries. Et si cet hiver vous troquiez vos dîners à la bougie pour des pique-niques dans le salon ?

Infligé par l’Executive pétasse

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2 Réponses to “Semaine en plein air : anthropologie d’un pique-nique”

  1. Alison 29 juin 2010 à 21:03 #

    A chaque fois c’est un vrai régale de lire vos articles et ça donne très envie de faire un pique nique ^^

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  1. Bons plans n° 13 : les spots de pique-niquer de la rédaction « Arsenic et Petites Culottes - 30 juin 2010

    […] MAIS QUI SONT-ELLES ? ← Semaine en plein air : anthropologie d’un pique-nique […]

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