Faut-il guillotiner Guillon ?

20 Avr

Railler la mort de Sarko, une polémique de trop ? Le gai trublion pourrait bien, cette fois, risquer la mise au placard de France Inter. Mais avec un mec qui se présente comme le chantre du politiquement incorrect, pas de quoi prendre de pincettes. Alors allons-y franco, et allongeons Stéphane sur le divan de la parapsychologue de comptoir d’Arsenic. Que cache le verbe acéré de ce dandy au micro bien affûté ?

Au niveau conscient, il est méchant

Se moquer du physique, c’est pas bien. Et ce n’est pas ce « petit pot à tabac » de Martine Aubry ni « Éric Besson-la fouine » qui diront le contraire. Mais quel est ce pays, me direz-vous, où l’on ne peut plus rire de tout ? Ah, il est loin, le bon vieux temps à Coluche, ma bonne dame. Oui mais voilà. Clouer au pilori pour délit de sale gueule de gauche comme de droite, même en démocratie, on n’est pas obligé de trouver ça drôle. Quant à imaginer la mort de Sarko, on peut quand même se le permettre (Dieu merci, on est toujours en démocratie, a priori), même si niveau drôlerie, y a mieux que le cimetière. (Passons les J.O. paralympiques de Pékin, où les amputés et autres sourds en ont pris pour leur grade puisque, selon le chroniqueur, des associations l’ont remercié d’avoir traité les invalides comme les autres.) Après, lorsqu’on a soi-même plutôt une belle gueule (avouez que le salaud au regard Klein et aux bouclettes d’ange ne dormirait pas dans la baignoire) et qu’on est soupçonné de gagner 10 000 euros par émission (comme l’a laissé entendre un journaliste du Point.fr), c’est plus difficile d’être comique. Mais passons côté ville : que fait le beau Stéphane en dehors des studios TV ? Et bien, il papillonne avec Muriel Cousin, ex-chroniqueuse de 20h10 pétantes et coauteur de ses textes. Un couple qui, en vacances, selon l’humoriste lui-même, « adore passer du temps en terrasse à critiquer les passants ». Ca donne tout de suite envie de partager une baraque avec eux à Palavas-les-Flots. En même temps, finalement, vous aurez plus de risques de les croiser aux Seychelles cet été.

Au niveau inconscient, il est gentil

Mais cette carapace de gros dur ne cacherait-elle pas un être tendre, fragile et plein d’amour ? En fait, le petit Stéphane ne veut pas se l’avouer (fierté oblige), mais c’est un vrai caramel mou (bien) au fond. Lui, déjà père de trois enfants, fidèle depuis des années à sa belle Muriel, dont il a recueilli les trois mouflets, avant de lui en faire un petit dernier, couve d’un œil bienveillant toute cette petite tribu recomposée. Lui qu’on imaginait tenant le cubi de vodka à Beigbeder, entouré de tops sublimes dans les soirées parisiennes, est en fait un homme simple, « passionné de jardinage et détestant la vie mondaine« , selon sa femme. On l’imagine bien, au foyer, attablé à son secrétaire Louis XV, entre les cris d’enfants et les ballons de foot qui volent dans le salon, chercher l’inspiration tout en contemplant d’un œil plein d’amour ses arbres fruitiers. On en aurait presque la larme à l’œil de voir un grand garçon aussi sensible.

En fait, il est juste frustré

Mais alors, puisqu’il est si gentil au fond, pourquoi tant de haine ? Fouillons son enfance. Le petit Stéphane grandit dans la belle ville de Neuilly (tiens, tiens) entre un père conseiller fiscal et une mère passionnée de peinture. En difficulté scolaire, il est viré du lycée avant d’intégrer une « boîte à bac » parisienne. À la recherche d’un travail, on lui conseille plusieurs fois d’être « galeriste, comme maman« . Mais le blondinet s’accroche : il veut devenir comédien et suit des cours d’art dramatique avant de tourner dans une dizaine de téléfilms. Sans pour autant faire des étincelles. De longues années plus tard, il finira par être remarqué au festival d’Avignon, pour se retrouver sur les plateaux télé en bouffon du roi. Tout en déclarant à qui veut l’entendre sa passion pour le septième art. Résultat : l’ado effronté viré du lycée continue à risquer la porte (de France Inter, cette fois) dans un unique but : prouver son talent d’acteur (comique ?). Sauf que là, c’est pas du cinéma.

Imaginé par l’Indécise karmique

Publicités

2 Réponses to “Faut-il guillotiner Guillon ?”

  1. serialbloggueuse 20 avril 2010 à 10:26 #

    je ne suis pas sure qu’il fasse rire les gens qui aiment la finesse!
    c plus de l’ironie que de l’humour!
    les gens font-ils bien la différence???
    …comme dab au plaisir de vous lire!

  2. chrissyfrottesypic 21 avril 2010 à 20:20 #

    Quand Desproges se moquait des cancéreux tout le monde la bouclait car il l’était lui-même mais était HORRIBLEMENT choqué, Coluche qui disait de « jean marie » qu’il avait du sang arabe …sur son pare-choc tout le monde était HORRIFIE , Charlie hebdo pour la mort de De Gaulle « bal tragique à Colombey:1 mort », censure et retrait des kiosques . J’adore Guillon, il peut être de mauvais goût, il peut parfois être mauvais tout court, mais il a l’humour de la lucudité et du désespoir et ça c’est jouissif . Les coincés qui pensent qu’on ne peut se moquer de tout ont tort, et toute les époques ont eu leur comique au pilori de la bienséance, Guillon a l’air bien parti pour endosser le veston !
    Au fait, Bonjour et toutes mes félicitations l’indécise karmique ….

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :