Les séries US à voir : l’Intégriste contre-attaque

24 Mar

Glee - © Fox

En matière de séries, comme en toute chose, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Non pas que je ne sois pas d’accord avec les choix affichés par ma collègue l’Executive pétasse la semaine dernière (au contraire, elle est même coupable de mon addiction toute fraîche à True Blood : deux saisons en 6 jours… hé, j’ai une vie, moi !), mais en fan compulsive j’ai décidé d’apporter également ma pierre à l’édifice. Je pourrais affirmer que je n’ai pas de télé ou avouer que j’en ai une mais que je regarde exclusivement Arte. J’admets que j’aimerais être capable de m’en passer, mais un bel écran plat trône dans mon salon comme dans la majorité des foyers français. Et je vais même aller plus loin dans l’inavouable : je suis totalement accro aux séries. Mais j’ai mes raisons d’Intégriste culturelle :  d’abord l’art est partout (argument philosophique) ; les séries n’ont fait que reprendre le principe du feuilleton, genre littéraire très prisé dès le dix-neuvième siècle et pratiqué par des Balzac, Chateaubriand, Dumas ou Zola (argument littéraire) ; et je fais ce que je veux (argument philosophico-politique) !

Le problème est d’arriver à faire le tri parmi la multitude de feuilletons produits aux USA tous les ans, car regarder des séries oui, mais pas n’importe quoi (mention obligatoire d’une bonne Intégriste culturelle : l’abus de télé nuit à la santé et il y a plein d’expos et films super à aller voir, entre autres). Mad Men : check ! True Blood : check ! Breaking Bad : check ! Mais alors que faire quand on a déjà avalé toutes les saisons de ces trois séries en une semaine ? Pas de panique : vos soirées canapé ont encore de beaux jours devant elles.

© Showtime

United States of Tara

Le pitch : Tara Gregson est une mère de famille presque comme les autres. Un mari, deux enfants… et trois locataires originaux : T, une adolescente ultra provocante chatouillée par ses hormones, Alice, une ménagère parfaite et psychorigide tout droit sortie de Ma Sorcière bien-aimée, et enfin, non des moindres, Buck, le vétéran du Viêt-Nam alcoolique, à la détente facile et au langage des plus fleuris. Alors que fait-elle avec ces trois énergumènes chez elle ? Et bien, ils squattent… son corps : Tara est atteinte d’un trouble dissociatif de l’identité. Et les trois sangsues se plaisent à débarquer aux pires moments et à bouleverser la vie de cette femme qui a déjà deux adolescents et un mari à gérer et satisfaire.

Intérêt : Bon, là j’ai carrément recours à trois arguments d’autorité. D’abord la série est produite par un certain Steven… SPIELBERG !! Et par Showtime, la chaîne américaine qui, à l’instar de sa concurrente HBO, multiplie décidément les séries de qualité : Californication, Dexter, Jericho, The L Word, Weeds, notamment, c’est elle. La classe ! Et surtout, il y a la performance de Toni Collette, notre Muriel fan de d’Abba qui a vieilli (un peu) et maigri (beaucoup). L’actrice qu’on a d’abord revue en France sur grand écran dans Little Miss Sunshine, vient de décrocher un Golden Globe pour ses quatre rôles (et plus, mais chhhhut). Un don de transformiste qui fait déjà enrager Arturo Brachetti.

C’est pour qui ? Pour toutes celles qui trouvent que les Desperate Housewives de Wisteria Lane ont des problèmes de niveau collège (mais c’est qui qui m’a piqué mon batteur électrique ? mais c’est qui qui a piétiné mes fleurs ? et c’est qui qui a dit que j’avais dit qu’elle avait dit que… La série arrive tout naturellement à épuisement). Cette série redonne un coup de fouet à la « family comedy ». À mi-chemin entre les enfumés déjantés de Weeds et les patients d’In Treatment, façon spéléologie dans les méandres de la famille et du moi méga profond.

© Fox

Glee

Le pitch : Will Schuester, professeur d’espagnol au lycée McKinley, décide de remonter l’ancienne chorale de l’établissement, le Glee Club, dans lequel il a officié adolescent. Pour cela, il devra affronter dans une guerre sans merci la coach des pompom girls, à la testostérone débordante, bien décidée à ne pas céder à cette chorale de paumés un penny du budget alloué aux clubs par le lycée. Afin de survivre, la chorale doit participer à une compétition régionale et donc recruter un nombre minimum de membres. Mais personne ne se bouscule pour s’engager dans les rangs de ce Glee Club un peu ringard.

Intérêt : Alors la comédie musicale est un genre très américain auquel nous, Européens un peu snobs, n’adhérons pas tellement. Mais l’intérêt de Glee est que la série se plaît justement à détourner avec délectation les poncifs de la « teen musical comedy ». Aux États-Unis, c’est un carton ! La série a été saluée par la critique et le public, a été nominée et récompensée par plusieurs prix de la meilleure série comique : Golden Globes, AFI, People’s Choice, Screen Actors Guild… Les raisons d’un tel succès : une dérision à toute épreuve à travers une galerie de personnages hétéroclites et hauts en couleur. La conseillère mysophobe (phobie des microbes et de la saleté) qui ne se sépare jamais de ses gants en latex, l’entraîneur de football américain amoureux transi, la coach des chearleaders (la jouissive Jane Lynch, déjà vue dans The L Word) qui fait régner la terreur sur tout le lycée… Et c’est sans compter sur la brochette d’ados losers qui composent le Glee Club, emmenés par une Rachel horripilante à souhait, élève surdouée et ambitieuse qui ne vit que pour un but : devenir la nouvelle Mariah Carey. Et les numéros chantés et dansés n’ont rien à envier aux meilleures comédies musicales.

C’est pour qui ? Alors là, c’est de l’ordre du super aléatoire. Les fans de comédie musicale y trouveront vraiment leur compte, tout comme ceux qui aiment les ovnis bien fichus. Sans référent au Panthéon des séries US, Glee est tout bonnement inclassable. Loin, très loin de High School Musical, cette sitcom est une PARODIE ! Aie bien ça à l’esprit en visionnant la série qui testera le degré de ton sens de l’humour.

Dépeint par l’intégriste culturelle

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8 Réponses to “Les séries US à voir : l’Intégriste contre-attaque”

  1. L'executive pétasse 24 mars 2010 à 14:44 #

    Aaaah… Je pense que je vais me laisser tenter par United States of Tara !

    • L'intégriste culturelle 24 mars 2010 à 14:56 #

      À noter que le premier épisode de la deuxième saison de United States of Tara a été diffusée lundi.

  2. L'executive pétasse 24 mars 2010 à 15:54 #

    Quoi ?! Comment ?! Où ? Sur quelle chaîne ?

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